Les coussinets encaissent tout : la chaleur, le froid, les surfaces abrasives et les objets coupants. Ce sont pourtant des tissus vivants, sensibles, et non des semelles insensibles comme on l’imagine souvent.
La chaleur, danger sous-estimé
Le bitume peut dépasser cinquante degrés quand l’air en affiche trente. Une brûlure des coussinets survient en quelques minutes et met des semaines à cicatriser.
Le test est simple : posez le dos de la main sur le sol et comptez sept secondes. Si vous ne tenez pas, votre chien non plus. Décalez la promenade tôt le matin ou tard le soir, et privilégiez l’herbe.
Le froid et le sel
En hiver, le sel de déneigement irrite et brûle. La glace qui se forme entre les doigts est douloureuse. Rincez à l’eau tiède au retour et séchez soigneusement entre les espaces interdigités, où l’humidité résiduelle favorise les macérations.
Un baume protecteur appliqué avant la sortie crée une barrière utile, l’hiver contre le sel comme l’été contre les surfaces rugueuses.
Reconnaître une lésion
Un chien qui boite, lèche insistamment une patte, refuse de marcher sur un revêtement particulier ou laisse des traces de sang mérite un examen immédiat des coussinets. Cherchez une coupure, un corps étranger, une zone rouge ou décollée.
Les épillets, ces épis secs des graminées, s’enfoncent entre les doigts au printemps et en été et remontent sous la peau. Ils provoquent un gonflement douloureux et nécessitent souvent une extraction vétérinaire.
Les premiers gestes
Nettoyez à l’eau claire ou au sérum physiologique, sans alcool. Un pansement tient mal sur une patte et doit rester provisoire. Une plaie profonde, qui saigne abondamment ou qui reste ouverte impose une consultation : les coussinets cicatrisent mal seuls, à cause des appuis répétés.
Entretien courant
Des coussinets sains sont souples, sans craquelure. Une sécheresse excessive se traite avec un baume adapté, jamais avec des produits pour humains, souvent trop gras ou parfumés. Coupez les poils qui poussent entre les coussinets chez les races à poil long : ils retiennent la neige, les graviers et l’humidité.
Le léchage insistant
Un chien qui lèche une patte en permanence ne se toilette pas : il signale une gêne. Les causes les plus fréquentes sont l’allergie, une lésion interdigitale, un corps étranger ou une douleur articulaire projetée. Le léchage entretient ensuite l’inflammation et finit par créer une plaie difficile à cicatriser.
N’attendez pas que la zone soit à vif pour consulter : traitée tôt, la cause se règle souvent simplement, alors qu’une lésion installée demande des semaines.
Endurcir progressivement
Des coussinets s’adaptent aux surfaces qu’ils rencontrent régulièrement. Un chien habitué aux sols souples et emmené brutalement en randonnée sur pierres s’use les pattes en une sortie. Augmentez la difficulté du terrain graduellement, comme on le ferait pour n’importe quel effort physique.
